BLUE BRUISES


Katrien De Blauwer

Fifty One

ISBN 9789083594118 | 13/12/25 | 210x150x20 mm
120 Pages | Ang | Relié

29.00€

Katrien De Blauwer crée des images qui s’adressent à vous à voix basse. Sans éclat, sans clameur. Elles ne cherchent pas à tout montrer. Elles laissent, en effet, une empreinte durable par leur retenue même. Tenir l’un de ses collages, c’est ainsi ouvrir un journal intime où les mots ont été remplacés par des fragments visuels : une main, une épaule, une silhouette, un regard dissimulé. En découpant, recadrant, effaçant, elle révèle quelque chose de plus juste que la réalité elle-même — quelque chose de plus vrai que la photographie originale.

L’atmosphère trouble du cinéma des années 1950

Son travail évoque, par ailleurs, le silence inquiet d’un film d’Antonioni — les tensions informulées qui s’accumulent en marge de l’image, des corps tenus en suspension. Dans ses collages règne ainsi l’atmosphère feutrée, troublée et sensuelle du cinéma des années 1950. Comme dans le film noir, ce n’est pas l’action qui compte, mais l’attente. Pas le dialogue, mais les regards évités. Les femmes, souvent fragmentées, deviennent donc des présences fantomatiques — à la fois désirées et insaisissables.

Collectionner, chasser, couper en silence

Katrien De Blauwer ne photographie pas. Elle collecte, chasse, découpe en silence. De ce silence émerge, en outre, un langage d’une intensité rare. Ce sont des images d’absence, de mémoire, de solitude. Elles n’imposent rien. Elles vous habitent, pourtant, longtemps après que vous les avez quittées. Ce livre est un passage. Une plongée dans un monde où l’intimité s’exprime par la suggestion, où le hors-champ devient le véritable sujet. Il ne s’agit pas de comprendre, mais de ressentir. De se laisser traverser. D’écouter ce qui chuchote derrière les images.

— Roger Szmulewicz, octobre 2025