Une tour modes d’emploi
Nicolas Sisto & Ysé Sorel
Conception graphique: Ayessi Hessel
ISBN 9782957464319 | Mars 2026 | 130 x 210 mm | 76 Pages
3 illustrations n&b | 376 gr. | Broché
19,00 €
Une tour comme témoin du temps
Une tour modes d’emploi pose une question simple : et si un bâtiment pouvait révéler nos erreurs, nos élans et nos aveuglements mieux que n’importe quel discours politique ? Depuis plus d’un demi-siècle, la Tour Traversière se dresse, immobile en apparence. Pourtant, elle est traversée d’histoires multiples, accumulées au fil des décennies.
Au fil du temps, elle a vu naître les illusions modernistes. Puis, les certitudes se sont effritées, tandis que les désirs collectifs mutaient. Le climat a brûlé, les usages ont changé. Parfois, la tour se contente d’observer. Parfois aussi, elle accuse silencieusement.
Dans Une tour modes d’emploi, Ysé Sorel et Nicolas Sisto déploient neuf récits qui traversent trois siècles. Ainsi, l’ouvrage donne voix à celles et ceux — et à ce — que la ville transforme. On y croise l’enthousiasme de l’inauguration des Trente Glorieuses, mais aussi l’ardeur d’une cadre des années 1980.
Plus tard, surgissent les doutes d’un architecte vieillissant. Progressivement, la tour elle-même exprime sa lassitude, reléguée puis réinvestie. En parallèle, des projections écologiques et des futurs incertains apparaissent, jusqu’aux lueurs du XXIVᵉ siècle.
Tour à tour manifeste, refuge, relique ou promesse, la Tour Traversière devient le centre nerveux d’une polyphonie urbaine. Dans ce dispositif, les destins individuels se frottent aux secousses du monde. Les récits s’entrelacent et déplacent le regard, sans jamais imposer une lecture unique.
Entre fiction et critique urbaine, le livre compose un hyper-roman d’architecture. De cette manière, le lecteur progresse d’étage en étage, de corps en conscience. Chaque espace devient une archive, tandis que chaque structure agit comme un miroir. En filigrane, le bâtiment se transforme en avertissement.
Au-delà de la narration, Une tour modes d’emploi interroge l’acte même d’habiter. En effet, apprendre à lire la ville revient à exercer une forme de lucidité. Les murs parlent, à condition de savoir les écouter.
Dès lors, déplacer les cadres, même symboliquement, devient un premier geste pour réinventer le réel. Enfin, le livre laisse entrevoir une perspective fragile mais persistante : celle d’un monde encore habitable, à condition de rester attentif aux traces que l’architecture conserve.



